Les ligaments croisés : vers une nouvelle opération ?

Rupture du LCA : de plus en plus de sportifs touchés. Pourquoi ?

Pour comprendre la cause de l’augmentation de la fréquence de la rupture des ligaments croisés dans le monde sportif, on peut comparer le corps humain à une voiture. Les muscles seraient alors le moteur, les articulations le chassis, les tendons et les ligaments seraient les suspensions et les amortisseurs… ainsi de suite. Une petite voiture peu puissante représenterait un sédentaire : un petit moteur, et le reste de la voiture peu performant, même si cela suffit à rouler. Une grosse voiture serait un sportif régulier, tandis que la ferrari serait le sportif professionnel. Une ferrari possède un gros moteur, tout comme les sportifs sont très musclés, et au fur et à mesure que ces sportifs ont progressé, les ligaments et les tendons se sont renforcés, au point qu’une ferrari devient une voiture super puissante.

Maintenant, imaginez que l’on prenne le moteur de la ferrari pour remplacer le moteur dans une clio. La voiture pourra-t-elle rouler longtemps sans que quelque chose ne casse ? Bien évidemment non. Chez les sportifs, c’est exactement la même chose : une progression trop rapide ne laisse pas le temps aux articulations, aux tendons et aux ligaments de « s’adapter ». Les sportifs se retrouvent alors avec un trop gros moteur par rapport à la voiture.

Ainsi, quelles sont les causes de l’augmentation des ruptures des ligaments croisés ? Probablement la sélection des sportifs de plus en plus pointilleuse, les sportifs devenant toujours de plus en plus musclés au sein de leurs disciplines. Et … Le dopage devrait être aussi un des éléments, si ce n’est le plus important. Améliorer son moteur donc sa puissance pour être plus performant, ok. Mais si le reste de la voiture n’est pas adaptée… La blessure ne se fait pas attendre.

Les sports les plus touchés par la ruptude des LCA sont les sports avec des changements de direction, donc finalement les sports collectifs ou les sports de raquette. C’est fréquent dans le foot, mais les rugbymen sont encore plus touchés. Pourquoi ? Les rugbymen ont généralement un meilleur moteur.

L’opération est-t-elle obligatoire ?

Aujourd’hui, une rupture partielle ou totale du LCA nécessite une opération si le sportif veut pouvoir reprendre son activité. En fait, il faut comprendre que contrairement aux autres arachements ligamentaires comme ceux de la cheville par exemple, un LCA rompu ne peut se réparer seul, cicatriser spontanément. Pourquoi ? Une fois détruites, les mèches du ligament croisé ne trouvent plus d’endroit où se rattacher dans l’environnement cartilagineux au sein duquel elles évoluent. Aussi, elles baignent dans un liquide synovial qui contient des enzymes virulentes comme la plasmine, qui empêchent la formation du caillot sanguin nécessaire à la reconstruction.

Ainsi, l’opération est inévitable : Kenneth Jones simple, Kenneth Jones modifié, DIDT SAMBA, DT4 greffe courte… les techniques d’opération sont nombreuses, et les chirurgiens spécialistes rarement d’accord entre eux. Sauf sur l’impossibilité d’échapper à l’opération en pratiquant une plastie, c’est à dire un prélèvement des tissus avec lesquels on confectionne un nouveau ligament. Ensuite, il suffit de creuser un tunnel dans l’os pour passer ce nouveau ligament et l’accrocher à la fois au fémur et au tibia. C’est très complexe : le néo-gimament ne doit ni être trop tendu (il casserait à la première sollicitation), ni trop lâche (sinon il ne servirait à rien).

La plastie indispensable… Vraiment ?

Peut être pas. Aux Etats-Unis, les techniques commencent à évoluer. Une idée nouvelle est venue : plutôt de de prélever un tendon pour remplacer le ligament rompu, pourquoi ne pas simplement pallier l’incapacité cicatricielle du ligament en créant artificiellement un environnement favorable à sa réparation ? L’idée est d’installer une matrice artificielle dans le genou sur laquelle pourraient migrer des cellules réparatrices.

Le processus se décompose en deux phases : d’abord, on recoud les deux bouts de ligaments détruits. Ensuite, on les laisse se reposer sur la matrice de collagène que l’on arrose abondamment de facteurs de croissance issus des plaquettes sanguines (les fameux PRP).

De cette manière, le LCA pourrait garder sa fonction proprioceptive. La cartilage articulaire est préservé et on devrait observer moins d’arthrose sur le long terme. Cette technique commence à se pratiquer aux Etats-Unis, avec d’excellents résultats. Et surtout, le récupération est beaucoup plus rapide ! Cependant, la technique étant encore récente, on ne peut pas encore valider son efficacité sur le long terme…

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *