Les morphologies et leur évolution dans le sport (8)

La forme de notre corps et ses dimensions, on se doute bien que ce sont des paramètres déterminés génétiquement, et qu’ils sont cruciaux pour déterminer ses chances de devenir pro dans un sport choisi. C’est effectivement vrai ! Cependant, cela n’a pas toujours été le cas…

Au XIXème siècle, il existait un « modèle parfait d’homme », c’est à dire que l’homme parfait avait des dimensions corporelles parfaitement dans la moyenne, à l’image de l’Homme de Vitruve, de Léonard de Vinci, le célèbre corps représentant l’idéal des proportions humaines.image019

Ainsi, à cette époque, les praticiens de l’anthropométrie affirmèrent que les meilleurs athlètes devaient avoir la morphologie la plus équilibrée possible, et devaient se situer à la moyenne de la répartition de la population. Les sportifs, quels que soient les sports, avaient tous la même morphologie. Cela dura jusqu’au début du XXème siècle.

Au XXème siècle, avec l’augmentation de la population s’est produit « l’effet superstar ». Le sport s’est beaucoup développé, entraînant de plus en plus de spectateurs. Les revenus financiers se sont concentrés au top niveau, et pour y accéder, les athlètes sont devenus plus forts, plus rapides et plus compétitifs. De plus en plus d’athlètes ont multiplié les séances d’entraînement pour accéder au top niveau, et se faire remarquer du grand public. Ainsi, les morphotypes recommandés selon les sports se sont distingués, et les records dans toutes les disciplines ont explosé au XXème siècle. Mais, en plus de l’effet superstar, combiné à la mondialisation qui a permis à beaucoup plus de gens de se porter candidats à un nombre minuscules de places de plus en plus lucratifs, les avancées technologiques ont permis d’amplifier les records. Par exemple, une analyse vidéo a montré que les articulations de Jesse Owens (légendaire sprinteur) se fléchissaient aussi vite dans les années 1930 que celles de Carl Lewis dans les années 1980… La différence était que Owens courait sur une piste cendrée qui demandait beaucoup plus d’énergie que les surfaces synthétiques sur lesquelles Lewis établit ses records.

Aujourd’hui, on peut constater que : dans les trente dernières années, les gymnastes féminines de haut niveau sont passées d’une moyenne de 1,60 m à 1,44m. Les volleyeurs, les rameurs et les footballeurs sont devenus plus grands. La longueur des bras des joueurs de water-polo a augmenté de 2,5 cm, tandis que ceux des haltérophiles sont devenus plus courts. D’ailleurs, petite anectode : la longueur des bras a joué bien des tours aux recruteurs ! Par exemple, au football américain, les joueurs sont souvent recrutés selon leur force, et pour cela, on les teste au développé couché. Le problème, c’est que plus les bras d’un athlète sont petits, plus c’est facile pour cet athlète de soulever lourd au développé couché. Ainsi, recruter les joueurs selon leur performance au développé couché était une grave erreur, surtout au football américain où il est préférable de posséder de longs bras…

Les scientifiques australiens Norton et Olds ont conçu un outil de mesure nommé la zone d’intersection bivariée (ZIB). Elle donne la probabilité qu’un individu choisi au hasard soit fait pour devenir professionnel dans un sport donné. Sans surprise, avec l’effet superstar, les gènes requis pour n’importe quel sport sont devenus plus rares et la ZIB de la plupart des sport s’est rétrécie. Aujourd’hui, 28 % des hommes ont la combinaison taille/poids qui conviendrait à un joueur de football professionnel; 23 % ont celle d’un sprinteur d’élite; et 9 % celle d’un avant de rugby. En NFL, un centimètre supplémentaire en taille ou trois kilos de plus équivalent en moyenne à 45 000 dollars de revenus supplémentaires. De plus, la ZIB des podiums régionaux de mannequins est inférieure à 8 %, elle tombe même à 0,5 % pour les top models.

Maintenant, parlons de la taille idéale selon les distances en athlétisme. Pour les sprinteurs, on aurait tendance à penser qu’avoir de longues jambes est un avantage … erreur ! Plus les jambes sont courtes, plus leur masses diminuent, et donc plus leur inertie diminue (l’inertie est l’énergie nécessaire pour mettre un objet en mouvement. Ainsi, plus un objet est massif, plus son inertie est grande). Des petites jambes demandent donc moins d’énergie pour se lancer, ce qui permet de partir plus vite ! Cela réduit certes la foulée mais cet avantage est moins important dans le sprint. Ensuite, on pourrait penser que chez les marathoniens, c’est l’inverse, et que de longues jambes sont avantageuses… C’est presque vrai. Les hommes de petite taille ont une plus grande surface de peau comparativement au volume de leur corps. La chaleur s’évacuant par la peau, les gens petits se refroidissent plus vite. Se refroidir est essentiel lors d’un marathon, surtout en été, étant donné que le système nerveux central impose un ralentissement ou un arrêt complet quand la température interne du corps dépasse de 40 degrés (par exemple, la marathonienne Paula Radcliffe, 1, 73 m, la recordwoman du marathon, remportait ses courses, mais seulement en automne ou en hiver, à cause de sa grande taille !). Petite parenthèse sur les amphétamines : bien qu’illégales, elles sont très efficaces pour la performance d’endurance puisqu’elles font disparaître l’inhibition du cerveau en cas de surchauffe, permettant à l’athlète de poursuivre son effort au-delà de 40 degrés.

La plus célèbre étude sur les morphotypes des athlètes a impliqué 1265 athlètes de haut niveau, de 92 pays différents, et de tous les sports. Elle date de 1968, lors des jeux olympiques de Mexico. Son résultat ? Dans la plupart des sports olympiques, les athlètes sont plus semblables les uns aux autres que n’importe qui l’est de son propre frère.

Dans l’athlétisme, on peut actuellement deviner la discipline pratiquée selon les données morphologiques ( ou anthropométriques, de anthro= l’homme et mètre=mesure) de l’athlète. Les plus grands des coureurs sont ceux qui parcourent le 400m, le 800m, ou les sauts de haies (l’objectif des courses de haies est de sauter les obstacles avec le plus faible déplacement de gravité possible). Les marathoniens sont les plus petits des coureurs.

Mais, les athlètes d’un même sport ne se ressemblent pas qu’avec la taille de leur squelette. Ils ont tendance à avoir le même rapport taille/poids, la même largeur de bassin…

Une faible largeur de bassin est un atout dans beaucoup de sports : les gymnastes féminines sont les athlètes ayant le bassin le plus étroit. Ensuite, viennent les sprinteuses, puis les plongeuses, puis les nageuses. Et encore, les hommes non athlètes ont un bassin plus large que les nageuses, et les femmes non athlètes encore plus !

Comparons les sprinteurs masculins aux hommes de la population « moyenne » : les sprinteurs sont en moyenne 5 cm plus grands que la population de référence, et 100% de ces 5 cm se trouvent dans les jambes, ce qui fait qu’ assis côte à côte, sprinteurs et hommes lambdas font la même taille.

Les nageurs sont en moyenne 4 cm plus grands que les sprinteurs, mais ont des jambes plus courtes que les leurs de 2 cm, parce que des troncs plus longs et des jambes plus courtes donnent une plus grande surface au contact de l’eau. Par exemple, Phelps (1,93 m) possède de longs bras, de larges pieds et mains. Ce morphotype longiligne peut être l’indicateur d’une dangereuse maladie : le syndrome de Marfan (Phelps se faisait ausculter annuellement pour un dépistage de cette maladie).

En somme, plus le sport s’est développé, plus les corps requis pour les sports se sont précisés. En 1975, les athlètes majeurs gagnaient 5 fois le salaire médian d’un homme travaillant aux Etats-Unis. Aujourd’hui, ils gagnent entre 40 et 100 fois le salaire médian d’un temps plein.

Pour espérer devenir professionnel, il faut donc avoir la chance de posséder un génotype parfaitement adapté au sport pratiqué. Il faut aussi un entrainement adapté… Les programmes d’entraînements qui réussissent le mieux sont ceux qui s’adaptent pleinement à la physiologie de l’individu. Chaque individu possède un génotype différent. Donc, pour une progression optimale, chaque individu devrait avoir un environnement différent.

2 réflexions au sujet de « Les morphologies et leur évolution dans le sport (8) »

  1. loutStig

    Oui, en effet. Je suis d’accord avec tout plus haut par dit. Nous examinerons cette question.
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