Les différences hommes-femmes dans le sport (5)

Pourquoi séparer les hommes et les femmes lors des compétitions ? Il y a forcément une raison génétique qui explique cela. Il se trouve qu’en réalité, les hommes et les femmes ont presque entièrement les mêmes gènes. Mais, il y a de petites différences, comme le gène SRY (seulement présent chez l’homme), qui provoque un tas de conséquences biologiques qui mènent à de grandes disparités sur les terrains de sport. En fait, une grande partie de la différenciation sexuelle ne vient que d’un seul gène, le gène SRY (de l’anglais « sex determining region Y). C’est ce gène qui active de manière sélective les gènes qui fabriquent l’homme.

Au départ, nous sommes tous des femmes, chaque embryon humain est féminin durant les 6 premières semaines de son existence (parce qu’il est exposé à de fortes doses d’hormones femelles de la part de la mère). Au bout de la 6ème semaine, chez les garçons, le gène SRY s’active, formant les testicules et les cellules qui synthétisent la testostérone. De là naissent les différences hommes-femmes. Alors qu’ils sont encore dans l’utérus, les garçons commencent déjà à posséder un avant-bras plus long que celui des femmes, ce qui fait qu’ils auront un fouetté plus puissant lors d’un lancer. Ces différences au niveau du lancer se voient dès l’âge de deux ans. En plus de lancer plus loin, les garçons sont plus aptes à suivre visuellement et à intercepter des objets volants : 87 % des garçons ont dépassé la performance moyenne des filles. Bien sûr les femmes hautement entraînées lancent plus loin que les hommes non entraînés, mais les hommes hautement entraînés surclassent les femmes non entraînées.

Les différences hommes-femmes se voient également à la course, et ce du 100m au 10 km. L’écart de la performance d’élite entre les deux sexes est de 11 %, c’est à dire que les élites hommes sont 11% plus rapides que les élites femmes, peut importe la distance. Au 800m nage libre par exemple, cette différence est un peu plus faible, puisque les meilleures femmes sont à moins de 6 % des meilleurs hommes. Mais l’écart des performances va t’il se creuser ou se réduire ?

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On avait à un moment admis que les femmes allaient rattraper les hommes, mais c’était une erreur, car il se trouve que les femmes ont rattrapé les hommes, mais seulement dans les années 1970 et 1980, du fait de la guerre froide, qui s’est propagée dans le sport. A cette époque, pour compenser le manque du gène SRY, les athlètes féminines s’injectaient beaucoup de testostérone. Mais, depuis cette époque, les femmes ont stagné, tandis que les hommes ont continué de progresser. 75 des 80 meilleurs lancers de poids féminins se sont fait entre 1970 et 1990, par des athlètes essentiellement en provenance des pays de l’Est. Ainsi, les articles qui prédisaient que les femmes allait réduire l’écart des performances entre les deux sexes se trompaient : cette progression a simplement explosé dans les années de la guerre froide pour ensuite se trouver sur un plateau, que les femmes ont atteint, tandis que les hommes ont continué à progresser, petit à petit. Il est désormais reconnu que l’écart entre les deux sexes se creuse.

Aujourd’hui, il est admis que les hommes sont généralement plus grands, plus lourds et ont des jambes et des bras plus longs comparativement à leur taille. Ils ont aussi de plus gros poumons et un plus gros coeur. Les hommes ont également deux fois plus de chances d’être gauchers que les femmes, un atout dans un bon nombre de sports. Les hommes ont moins de gras, des os plus denses, des globules rouges qui transportent plus d’oxygène, un squelette plus lourd pouvant supporter plus de muscles et des hanches plus étroites que les femmes, rendant la course plus efficace pour les hommes et diminuant le risque de blessure, comme la rupture du ligament croisé antérieur, qui est une véritable épidémie chez les athlètes féminines, en course ou en saut. Les femmes, ayant des hanches plus larges, ont un angle plus grand vers le genou, et perdent ainsi beaucoup d’énergie dans la compression de la hanche, ce qui n’aide pas à avancer. Plus le bassin est large, plus l’on perd de l’énergie. Mais, l’une des plus grosses différences entre hommes et femmes est la masse musculaire : les hommes peuvent accumuler plus de fibres musculaires que les femmes, dans n’importe quelle partie du corps. Ils peuvent posséder 80 % de masse musculaire de plus que les femmes dans le haut du corps et 50 % de plus dans les jambes. Pour donner une idée, sur 1000 hommes pris au hasard, 997 auront plus de force dans le haut du corps que la femme statistiquement moyenne. Mais comment expliquer toutes ces différences physiques ? La réponse est passionnante : c’est le principe de la sélection sexuelle.

Connaissez-vous la sélection naturelle ? Ce sont les variances de l’ADN humain qui font que l’individu survit ou meurt dans son environnement naturel (par exemple, on a tendance à penser que heureusement que les girafes ont un long cou, sinon elles ne pourraient pas se nourrir dans les arbres. En fait, c’est juste que les girafes avec un petit cou n’ont pas pu se nourrir et sont mortes. Ainsi, seules les girafes avantagées se sont reproduites. C’est la sélection naturelle, qui élimine naturellement les versions des gènes dangereuses pour l’espèce).

La sélection sexuelle, c’est un peu différent : elle fait référence aux variances d’ADN qui se propagent ou meurent suite à la compétition pour le choix d’un partenaire sexuel. La sélection sexuelle est la source de la plupart des différences sexuelles humaines et elle est essentielle pour comprendre les aptitudes athlétiques humaines. Si vous voulez savoir qui, du mâle ou de la femelle d’une espèce est le plus fort, regarder quel sexe a le taux de reproduction le plus élevé. Les femelles gorilles ne peuvent avoir qu’un descendant tous les 4 ans, tandis que les mâles peuvent se reproduire davantage. De la naît une compétition entre les mâles pour se reproduire, et seuls les mâles les plus forts survivent (sélection naturelle), et se reproduisent. Le sexe qui a le taux de reproduction le plus élevé est plus fort, c’est comme ça. Chez les hippocampes, ce sont les femelles les plus fortes, et ce n’est pas une surprise, puisque les mâles couvent les oeufs, et préfèrent les femelles plus fortes. Par ailleurs, un autre phénomène est particulièrement amusant : il se trouve que nous avons moins d’ancêtres homme que d’ancêtres femmes. Ceci s’explique par le fait qu’au tout début, dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs, environ 30 % des hommes mourraient des mains d’autres hommes, à cause de la sélection sexuelle. Il y avait donc plus de femmes. Autre exemple, 16 millions d’hommes asiatiques ont une portion du chromosome Y presque identique : les généticiens pensent qu’elle vient de Genghis Khan, réputé pour avoir eu des centaines de femmes et de concubines.

Chez les humains, comme le démontre l’exemple de Genghis Khan, la sélection sexuelle est présente. Les premiers être humains se battaient pour les femmes et les plus forts survivaient, et se reproduisaient. Ils étaient plus agressifs (la testostérone), et chassaient. Aujourd’hui, vous pouvez remarquer que les garçons ont une puberté plus tardive que les filles : jusqu’à l’âge de 10 ans, leur vitesse de pointe est la même. Mais, à partir du moment où les garçons deviennent aptes à se reproduire, ils développent à une vitesse incroyable leur masse musculaire … Ce n’est donc pas un hasard ! Il fallait cela pour survivre. A 18 ans, un garçon moyen peut lancer trois fois plus loin qu’une fille moyenne. Les garçons développent également d’autres caractéristiques qui les rendent difficiles à mettre KO que les femmes, comme une arcade sourcilière plus épaisse pour protéger l’oeil, et une mâchoire plus large qui rend la face plus résistante aux coups. Enfin, l’afflux de testostérone à la puberté stimule la production de globules rouges, ce qui rend les hommes plus endurants et moins sensibles à la douleur que les femmes.

Ainsi, il est clair que les hommes possèdent un grand avantage génétique vis-à-vis des femmes dans la plupart des sports… Si grand que la meilleure solution est de les séparer.

Mais, il y a des exceptions féminines. Certaines femmes possèdent des chromosomes sexuels XY, comme les hommes. Ces chromosomes leur permettent de synthétiser de la testostérone, et d’être dopé naturellement. Mais, certaines d’entre elles ne pouvaient pas utiliser cette testostérone (Maria José Martinez-Patino), tandis que d’autres, si. Ainsi, pour les JO de 2012, il avait été décidé que l’identité sexuelle serait déterminée en fonction du taux de testostérone que le corps pouvait utiliser. De ce fait, les femmes XY furent surreprésentéses dans le sport : sur cinq olympiades, 1 femmes sur 421 possédait un chromosome Y. Il n’y a donc pas que la testostérone que le chromosome Y offre comme avantage : les femmes XY tendent à avoir des membres dans des proportions identiques à ceux des hommes, sans pour autant utiliser la testostérone produite par leur corps. Les femmes XY se voient également beaucoup dans le mannequinat, du fait de leurs longues jambes.

María José Martínez-Patiño

María José Martínez-Patiño

Il faut bien comprendre que la testostérone ne fait pas tout, mais elle offre un avantage considérable : les compétitrices d’élites possèdent en moyenne deux fois plus de testostérone que les non-élites. Sans être XY ni dopées, les femmes produisent un tout petit peu de testostérone, et en tirer avantage. Mais, les hommes, possédant les critères typiques de la masculinité , hormonaux (testostérone plus élevée), squelettiques (jambes et bras plus longs, épaules plus larges, os plus denses, hanches plus étroites…) et génétiques (gène SRY et autres), restent plus fort dans la majorité des sports. Si les femmes sont peu athlétiques, c’est parce qu’elle laissaient les hommes se battre pour se reproduire, grimper aux arbres, chasser… Du coup, si les femmes sont peu athlétiques, c’est parce que les hommes le sont.

Conclusion

Les hommes et les femmes sont quasiment identiques, ils ont quasiment entièrement les mêmes gènes. Mais de petites différences (comme le gène SRY) tendent à avantager les hommes dans le sport. C’est comme ça, il faut l’accepter ! Pour terminer, il faut aussi prendre conscience qu’il y a de plus en plus d’être humains sur terre, la diversité génétique est de plus en plus forte, donc au fur et à mesure que le temps évolue, il y a de plus en plus d’être humains possédant une génétique proche du parfait pour le sport. Quoi qu’il en soit, il y a tellement d’être humains sur terre, que peut importe la discipline sportive, les meilleurs sont dopés, naturellement grâce à leur génétique, ou pas. Il faut le reconnaitre !

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