La détente verticale : une aptitude liée à la génétique (2)

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Maintenant, voyons un facteur qui dépend grandement de la génétique, mais très peu de la pratique : la détente (où la capacité à sauter haut). Malheureusement pour certains, l’aptitude à sauter très haut est fortement liée à la génétique, très peu à la pratique. L’exemple de Donald Thomas, un sauteur bahaméen, le démontre bien. Cet athlète est devenu champion du monde en seulement 8 mois d’entraînement, en battant Stephan Holm, qui s’était entraîné toute sa vie. Comment étais-ce possible ?

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Donald Thomas

Les scientifiques qui ont étudié Thomas ont remarqué qu’il avait de longues jambes comparativement à sa taille, et surtout qu’il avait un tendon d’Achille gigantesque, de 26 centimètres. Et, plus un tendon d’Achille est long et épais, plus il peut accumuler de l’énergie lorsqu’il est étiré, et ainsi propulser plus haut son porteur. Bien sûr, d’autres paramètres permettent de sauter haut, comme la vitesse de pointe avant le saut par exemple. Mais, le tendon d’Achille reste un élément primordial pour sauter, et pas que chez les humains. Les kangourous, par exemple, possèdent des tendons d’Achille tellement grands qu’il leur est plus économique de se déplacer en sautant. Et le tendon d’Achille est également l’explication du pourquoi saute-t’on plus haut lorsque l’on prend de l’élan. Avec de l’élan, ce tendon est étiré avant le saut, ce qui lui permet d’accumuler de l’énergie pour propulser le sauteur dans les airs. Si vous deviez sauter le plus haut possible sans élan, naturellement, vous plierez légèrement les jambes, n’est-ce pas ? Sans vous en rendre compte, vous étirez votre tendon d’Achille.

Maintenant, vous allez naturellement vous poser la question : l’entraînement augmente t’il la longueur et l’épaisseur du tendon d’Achille ? En fait, l’entraînement peut augmenter l’épaisseur, mais pas la longueur, puisque celle-ci dépend de la distance entre le muscle du mollet et le talon. Mais, l’augmentation possible de l’épaisseur de ce tendon par l’entraînement reste génétique ! L’augmentation possible de l’épaisseur du tendon d’Achille va dépendre de la version que l’individu possède des gènes impliqués dans la production de collagène, une protéine du corps qui fabrique les ligaments et les tendons.

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