Déterminer les futurs pros dès l’enfance (4)

Tout d’abord, il faut bien comprendre qu’il n’y a pas de génétique parfaite s’adaptant à tous types d’exercices physiques. Si vous doutez d’être mauvais dans votre sport, en voyant vos partenaires progresser plus rapidement que vous, n’abandonnez pas ! Vous êtes peut-être fait pour d’autres sports…

Ainsi, comme nous savons que, selon les sports, une génétique adaptée avantage l’individu, peut être pourrait-on déterminer les futurs professionnels simplement en analysant des enfants ? C’est effectivement la cas. Une étude réalisée sur des jeunes tennismen a montrée que les enfants naturellement adroits et bons au tennis jeunes resteraient plus forts que les enfants moins adroits. Les compétences tennistiques des enfants prédisent de 60 à 70 % la variabilité de leur classement à l’âge adulte. Egalement, autres que les compétences tennistiques, les qualités physiques générales (comme par exemple le sprint sur 30 mètres) prédisent l’acquisition plus ou moins rapides des compétences tennistiques des enfants. En conséquence, plus les enfants sont des bons athlètes naturellement, plus ils vont acquérir facilement les compétences techniques de leur sport, comme le tennis. Ainsi, au moins dans le tennis, on peut plus ou moins prédire dès l’enfance quels joueurs iront loin ou pas. Bien sûr, l’entrainement est important, la génétique ne fait pas tout. Mais, plus vous êtes bon athlète jeune, plus vous augmentez vos chances de rester bon tout au long de votre vie. Les enfants lents ne deviennent pas rapides, malgré un entraînement intense.

On avait bien compris ce phénomène en Australie : quelques années avant les JO en 2000, le pays à lancé son programme « National Talent Search ». On a étudié beaucoup d’enfants de 14 à 16 ans pour déterminer leurs qualités physiques générales et les amener vers les sports qui les conviendraient. Aux JO en 2000, l’Australie a remporté l’équivalent de 3,03 médailles par million d’habitant, soit dix fois plus que les Etats-Unis, qui ont remporté l’équivalent de 0,33 médailles par million d’habitant. Ainsi, une nation réussit dans le sport non seulement parce qu’elle a beaucoup d’athlètes qui s’entraînent intensément, mais aussi parce qu’elle amène les enfants vers les sports qui conviennent le mieux à leurs capacités athlétiques. Par exemple, les joueurs belges de l’équipe de hockey sur gazon avaient en moyenne plus de 10 000 heures de pratique cumulées, mais ils étaient mauvais par rapport à l’équipe néerlandaise, qui avait moins de pratique mais qui avait amené de puissants athlètes dans ce sport au départ.

Kids Playing Basketball

Pour devenir professionnel, c’est ainsi toujours une question de machine (la génétique) plus le logiciel (l’entraînement dans un sport). La machine est inutile sans le logiciel (un enfant athlétique placé dans le mauvais sport n’ira pas loin…), tout comme l’inverse est vrai. L’acquisition d’aptitudes sportives se fait grâce aux gènes spécifiques, et également grâce à un environnement spécifique : les gènes et l’environnement doivent coïncider.

Ensuite, on pourrait penser que comme la génétique est importante pour devenir professionnel d’une discipline sportive, quelqu’un avec une bonne génétique pourrait commencer le sport très tard et surpasser tout le monde d’un coup. Ca arrive (Donald Thomas), mais pas souvent. Pour beaucoup de sports, comme nous l’avons déjà expliqué au début de cet article, il faut beaucoup de pratique afin d’acquérir des réflexes spécifiques, comme par exemple au baseball ou au tennis. En plus de cela, nous savons que nous naissons avec une pleine provision de neurones, et que ceux que nous n’utilisons pas dès notre enfance sont détruits. Au contraire, ceux que nous utilisons se renforcent. Pour beaucoup de sports, il faut donc une génétique adaptée pour espérer devenir professionnel, mais il faut aussi commencer ces sports très tôt, pour accumuler de la pratique, la fameuse règles des 10 000 heures. Par contre, il est difficile de définir quels sports nécessitent une spécialisation dès l’enfance pour une performance d’élite…

Il est clair que les gymnastes doivent commencer jeunes, mais l’entraînement précoce peut être aussi un obstacle, dans les les sports dits « cgs », c’est-à-dire mesurés en centimètres, grammes ou secondes, comme le cyclisme, l’athlétisme, la voile, la natation, le ski, l’haltérophilie… Les élites des sports cgs ont souvent eu une spécialisation « tardive ». Pourquoi ? Parce qu’ils étaient probablement plus doués dans l’ensemble et n’avaient tout simplement pas à s’entraîner aussi dur dès leur plus jeune âge. A 16 ou 17 ans, les sportifs, matures physiquement, commencent à voir qu’ils ont un avenir dans ces sports et qu’ils doivent augmenter leur volume d’entraînement.

(150829) -- BEIJING, Aug. 29, 2015 (Xinhua) -- Athletes compete during the men's 4x100m relay final at the 2015 IAAF World Championships at the "Bird's Nest" National Stadium in Beijing, capital of China, Aug. 29, 2015.(Xinhua/Wang Haofei) /CHINENOUVELLE_1650007/Credit:CHINE NOUVELLE/SIPA/1508291707

 

Conclusion (ou résumé)

En analysant les enfants, il est effectivement possible de déterminer les futurs pros, encore faut-il que ces enfants soient dirigés vers les sports qui les conviennent. Comme beaucoup de sports nécessitent des années de pratiques avant de devenir professionnel (il faut acquérir des réflexes spécifiques, de la technique…), il serait efficace de placer les enfants vers les sports qui les conviennent, avant qu’il ne soit trop tard. Cependant, certains sports ne nécessitent pas forcément des années de pratique avant de se professionnaliser : ce sont les sports cgs. Ces sports, comme l’haltérophilie, le cyclisme, ou la natation, sont représentés par des professionnels qui n’ont pas forcément commencé jeune.

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